NTL pilotée par Alstom

Extrait de l’article paru dans les DNA :

« Après sa reprise par Alstom, Translohr poursuit l’exécution de contrats pour l’Ile-de-France et pour la Colombie.

Jérôme Wallut, directeur général d’Alstom Transport France et nouveau président de NTL est formel : « Nous sommes convaincus que le tram sur pneus est un très bon complément de gamme pour développer le transport public en France et dans le monde ». Reprise conjointement par le groupe industriel et le Fonds stratégique d’investissement, l’activité créée par le groupe Lohr Industrie sera maintenue et développée à Duppigheim sur la base d’une société indépendante, rebaptisée NTL (New Translohr). Une manière de reconnaître que le véhicule guidé sur pneus, à propulsion électrique, fruit de très longues années d’efforts de développement de la part de Robert Lohr, a toute sa place comme produit d’exportation. Comme l’ont montré les succès commerciaux en Italie, en Chine et plus récemment en Colombie.

«Ce qui nous occupe à fond actuellement, c’est la satisfaction de notre client en Ile-de-France, la RATP. La ligne T5 au nord sera mise en service en septembre 2015. Huit rames sur quinze ont été livrées, prêtes à démarrer après essais sur le circuit que nous avons en Alsace, et la formation des conducteurs a commencé. Au sud, la ligne T6 sera mise en service en 2014. Il s’agit de 28 rames longues de 46 mètres avec une motorisation dans les roues, s’adaptant à des pentes importantes», explique M. Wallut. La régie parisienne a la réputation d’être un exploitant exigeant et les deux lignes franciliennes seront une «vitrine» bien placée : «La RATP ne fait aucun compromis sur la sécurité ni sur la fiabilité.» Mais NTL et ses nouveaux actionnaires espèrent bien, à moyen terme, équiper une ligne à Strasbourg en faisant au passage la démonstration de la compatibilité du Translohr et du tramway fer existant qui pourront utiliser la même emprise sur une courte section. «Pour Strasbourg, nous serions prêts à produire en 2014», précise l’industriel. Pour répondre à la demande actuelle, NTL a procédé récemment à une dizaine d’embauches et en prévoit 20 à 25 supplémentaires l’année prochaine.

En attendant l’arbitrage de la collectivité strasbourgeoise, un dossier que l’on sait délicat, les ateliers de Duppigheim vont s’attaquer à la production du contrat de Medellín (12 rames). «Les cautions bancaires pour ce projet ont été émises, le groupe Alstom assume le risque», annonce M. Wallut. Dès lors, le plan de charge des 191 salariés de NTL est «sécurisé» jusqu’à fin 2014, le constructeur espérant naturellement la concrétisation de nouvelles demandes. «Nous avons, avec Translohr, tous les avantages du tram sans les inconvénients du bus à haut niveau de service. C’est un complément parfait. Nous attendons le lancement du 3e appel à projets de transports collectifs en site propre. Il y a en France plus d’une quarantaine de villes où le Translohr est pertinent», assure M. Wallut qui estime que le tram sur pneus offre un prix de revient de l’infrastructure de 30% inférieur au tram fer. Mais l’écart dépend beaucoup des travaux d’aménagement urbain que les villes engagent en même temps que le système de transport.

Une petite société telle que NTL, à la culture très familiale, peut-elle trouver sa juste place dans le géant Alstom ? «NTL va se développer grâce à son bureau d’études. Nous réfléchissons aussi à des diversifications de solutions de transport. Translohr a démontré sa capacité à innover ! C’est cela qui nous intéresse», insiste le représentant d’Alstom. Ajoutant : «Alstom va faire bénéficier NTL de son réseau dans le monde entier, où nous avons plus de 300 commerciaux».

Certes, dans le transport urbain comme en d’autres domaines, Alstom est un géant : 300 trams en production (pour certains dans l’unité de Reichshoffen), 1700 vendus. En France, 18 villes sont équipées du matériel Citadis et Alstom annonce quelque 400 millions d’euros de chiffre d’affaires dans ce segment, dont 50% à l’export. »